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Le coin lecture : l’éducation non violente

Je réédite un billet écrit mardi dernier afin de participer au vendredi intellos de Mme Déjantée.

Bébé lit final

 

En ce qui me concerne, pendant ma grossesse et à la naissance de mini capuchon, mon esprit s’est trouvé très occupé par l’idée toute bête mais au combien essentielle de maintenir mon bébé en vie ! Et oui, l’idée était simple : acheter le matériel pour qu’elle puisse dormir, avoir chaud, puis apprendre les gestes pour qu’elle ne se noie pas dans le bain … etc. Bah vi comme dirait barbe de 4 jours : « j’peux pas ça glisse avec le savon ! »

Puis finalement, au fil des mois j’ai compris qu’il y avait quelque chose de tout aussi important à développer : ma vision de l’éducation de mon enfant. Oui, dit comme ça ça fait un peu tarte « quoi ? Tu n’y avais pas pensé avant ? » Bah si quand même je ne suis pas complètement nunuche. Mais n’étant pas dans le concret, je pensais naïvement que j’allais me laisser porter par le temps et gérer les choses petit à petit, ce qui au final est aussi une bonne approche. Cependant, le hic c’est qu’à se laisser guider uniquement par l’instint on peut avoir tendance à faire un peu n’importe quoi. Bah oui étrangement notre instinct est parfois pollué par de mauvaises habitudes passées, de mauvaises pensées, un modèle éducatif qu’on juge défaillant …etc. Il se trouve en plus que dans la vraie vie je suis prof, ben vi, j’instruis comme je peux les mini capuchons des autres. Et ce n’est pas toujours facile. Je sentais bien parfois que je n’avais pas l’attitude adéquate sans trop savoir comment y remédier … bref, je n’arrivais pas à mettre le doigt sur le souci. Bizarrement, avec l’arrivée de ma progéniture j’étais beaucoup plus motivée pour mettre le doigt sur le souci justement. Comment trouver des repères quand on ne veut pas répéter exactement le schéma de notre propre famille (évidemment comme pour tout dans la vie, ce n’est pas tout blanc ou tout noir) ?

Je me suis mise à la lecture. Alors biensur les recettes toutes faites ça n’existe pas, mais quelques lectures peuvent permettre de trouver au moins la philosophie que l’on veut suivre, les principes qui nous intéressent.

 

J’ai d’abord lu Enseigner avec bienveillance de Marshall B.Rosenberg. Ce livre a eu le mérite de m’initier à l’idée d’éducation et surtout de communication non-violente. Les mots qu’on emploie ont une importance cruciale et surtout ils peuvent être d’une violence inouie si on n’y prête pas garde.

Concrètement, et en résumant très grossièrement l’idée première c’est de comprendre la cause du comportement de la personne en face de soi, et de toujours garder un regard bienveillant, un peu à la Dr Quinn, tu vois ce que je veux dire ? Même quand ton nenfant se roule par terre en hurlant dans le rayon bio du supermarché, tu te dois de garder à l’esprit 1-qu’il a une raison de le faire qui t’échappe très certainement, c’est sur, mais les nenfants ont leur logique et 2- qu’il est toujours ton nenfant chéri avec ses défauts et ses qualités mais là il faut repenser à ses bons côtés, oui c’est dur quand tout le magasin te regarde d’un oeil noir.  Pas facile facile, donc, à moins de sortir d’un feuilleton télé. Je n’ai pas encore vécu tout ça, mais j’ai hâte ! … Non je déconne.

Ensuite, essayer de ne pas émettre de jugements moraux négatifs et même positifs ! Car on n’est pas toujours prêts à recevoir des jugements positifs. Ca peut sembler bizarre de dire ça, mais personnellement je le comprends très bien, les jugements positifs ne sont que le revers des jugements négatifs, en gros on laisse à l’autre la possibilité de nous juger, de nous jauger et nous noter en bien ou en mal alors que les rapports humains sont rarement sains dans ces cas là, je trouve. Si on prend un exemple concret, quelle maman a envie de s’entendre dire « Ah c’est bien tu lui fais des petits pots maisons ! » quand on vient de lui demander avec un regard réprobateur quand elle allait arrêter le cododo ? Le compliment n’annule pas la réprobation, il énerve encore plus ! Bah c’est parfois pareil pour les enfants.

Enfin, essayer de formuler et faire formuler les besoins, les siens et ceux de l’interlocuteur, s’assurer qu’on se comprend bien, qu’on utilise des mots qui ont le même sens pour les deux. Et surtout proposer une solution concrète à la situation.

 

Bref, pas facile à mettre en place mais intéressant, et surtout l’esprit y est.

 

J’ai ensuite lu Eduquer sans punitions ni récompenses de Jean-Philippe Faure. Là c’est la révélation pour moi. Déjà c’est écrit comme un livre (le précédent est une transcription d’une conférence) et par un français, donc plus proche de ma culture. Il parle de rapports humains où on ne chercherait pas à imposer notre point de vue, ou on ne serait pas en permanence persuadé d’avoir raison, d’avoir la solution pour les autres. Des rapports dans l’être, où on cherche à connaître l’autre et à être présent pour lui, sans nécessairement le comprendre. Ca me parle, ça m’enlève même un poids. Je comprends enfin à quel point il est frustrant de toujours vouloir imposer, contrôler, que ça ne mène à rien et surtout que la communication, la vraie ce n’est pas ça.

Puis il y a l’idée qu’il ne faut pas prendre les choses pour soi, qu’il y a un détachement nécessaire à avoir quand notre enfant réclame, s’énerve. Ce n’est pas contre nous qu’il le fait. Ca aussi, cela fait écho en moi. La clé c’est de réussir à poser des limites à son enfant, sans passer par la punition ou la récompense mais en étant à l’écoute des besoins de son enfant. Se demander « pourquoi fait-il cela ? » « Quelle est la raison »? Etre à l’écoute de son rythme, ça combien de fois on m’a dit que je n’étais pas assez à l’écoute du rythme de mes élèves ?! De nombreuses fois, car cela n’est pas simple de se mettre à leur place, revenir à l’époque où chaque activité si petite soit-elle demande un gros effort de concentration, où le sommeil et les rituels sont essentiels. Enfin, maintenir une ambiance où la curiosité et l’envie de l’enfant sont sans arrêt alimentés. Ne pas tuer cet enthousiasme, au contraire le mettre en avant.

Je me suis intéressée de plus près, du coup, à la pédagogie Montessori, dont je parlerai une prochaine fois.

Pour finir, je citerais ce passage du livre :  » La manifestation de ce respect de l’autre qu’est l’empathie, ne prendrait pas la même valeur si elle n’était pas le miroir d’un respect de soi-même. C’est un grand cadeau que nous pouvons faire à nos enfants : offrir la force de notre présence. Etre là conscient de ce qui se passe, des sollicitations de notre envrironnement, des messages que nous envoient nos proches, de ce qui vit en nous. » Comment trouver cette limpidité ? Comment garder cette authenticité pour respecter et faire acte de présence ? Là est surement tout le défi qui nous reste à relever !

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Alors certes, ça reste très théorique, mais j’apprécie ces lectures qui me permettent de mettre des mots sur un ressenti et sur des envies. J’ai quelques lectures à venir … si je trouve le temps !


 

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4 réponses »

  1. Merci de ta contribution!!!
    C’est un article très riche!!! Je pense que tu pourrais alimenter des semaines et des semaines de Vendredis Intellos en citant des passages précis de ces ouvrages car la communication non-violente est une pratique que l’on acquière petit à petit!!!
    J’espère donc lire beaucoup d’autres extraits dans les semaines à venir!!!
    A ce soir pour le débriefing!!!

  2. Merci ! Oui je compte approfondir le sujet au fur et à mesure et je m’intéresse aussi à d’autres choses donc je pense bien revenir aux vendredis intellos !
    Bon courage pour le debriefing !

  3. Coucou, je découvre seulement maintenant ton article… Je note la référence du livre sur enseigner avec bienveillance : je me demande bien comment je vais pouvoir appliquer les principes de communication non violente apprises avec mes enfants (et via les VI) avec des élèves le jour où je reprendrai le boulot. J’ai envie de mettre au placard certaines habitudes et en même temps avec des classes chargées ou je ne fais qu’un jour ou deux par semaine (titulaire de secteur), difficile d’instaurer un climat vraiment serein… Je sais qu’il existe aussi un livre de Faber et Mazlish, Parler pour que les enfants apprennent qui a l’air intéressant.

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