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Du plaisir d’allaiter nait la confiance

J’aurais un milliard de choses à dire sur l’allaitement. Je pourrais écrire une cinquantaine de billets sur le sujet. Comme je suis trop bavarde, je vais me faire violence, aujourd’hui et m’astreindre à un sujet précis : le plaisir d’allaiter.

Je dois avoir en réserve un bon paquets de raisons pour commencer à allaiter (tiens l’objet d’un billet ?!). Certaines sont rationnelles, d’autres pas du tout, ça fait partie de l’histoire de chacune, on a toutes nos valises à traîner et je comprends tout à fait que certaines femmes ne veuillent pas allaiter. Par contre je ne peux pas m’empêcher de trouver ça dommage. En effet, si j’allaite, c’est par amour de l’allaitement.

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Il y a, c’est indéniable une part importante de plaisir partagé dans l’allaitement. A ce propos, j’ai revisité dernièrement le fameux site de La Leach League. J’y ai lu ce feuillet  sur le plaisir de la mère et de l’enfant pendant l’allaitement.

Laissez-moi vous citer un passage, « Cet aspect plaisir/détente par rapport à la tension/douleur provoquée par la faim est peut-être dominant chez le nouveau-né, mais ce n’est qu’un des aspects de la question : on sait que le bébé, même tout petit, ne tète pas que par faim, et que même les tétées « nutritives » ne sont pas que nutritives. Elles sont une expérience sensitive, sensuelle, relationnelle et affective totale, où tous les sens du bébé, et aussi son besoin d’amour et de relation, sont comblés.

Ce plaisir, il l’exprime par des mimiques, des sourires, des bruits (soupirs, grognements de satisfaction…), des caresses, une détente de tout le corps, parfois une érection chez le petit garçon. Et quand il est en âge de parler, il l’exprime par des mots ! Comme cette petite fille disant : « Maman, ton lait, il est bon, il est tout doux. »
Pour résumer, disons que pour le bébé et le bambin, il y a naturellement plaisir à ingérer un mets de choix dans un environnement agréable : les bras de sa mère, l’odeur de sa mère, le regard de sa mère, la voix de sa mère.

Le plaisir de la mère

Le plaisir que trouve la mère à allaiter est lui aussi multiple : plaisir des sens (le toucher, l’odorat – ça sent bon, un bébé allaité ! –, la vue par l’échange des regards, l’audition – ah, les petits bruits que fait le bébé en tétant…–, la caresse des petites mains…), plaisir de la détente et de la relaxation induites par la tétée (grâce notamment aux endorphines), plaisir de se réaliser, de réussir par soi-même, plaisir de donner, plaisir de voir l’enfant grandir et se développer en bonne santé, plaisir de faire plaisir… »

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Je passe tout de suite sur la mention d’une érection possible chez certains bébés garçons, je sens déjà que ça peut faire jaser chez les peronnes qui voient dans l’allaitement un acte sexuel. Une vision qui doit surement expliquer le malaise provoqué, dans notre société, par l’allaitement des bambins. Je passe, car je pense que la question de l’allaitement ne se situe pas à ce niveau, bien évidemment. Et que la possibilité pour un bébé garçon d’avoir une éréction reste purement anecdotique.

Je trouve que cet extrait illustre très bien la notion de plaisir partagé.  J’insiste sur le mot « partagé » car parmi les préjugés sur l’allaitement on retrouve souvent celui selon lequel la mère garde égoïstement son enfant pour elle, qu’elle ne continue l’allaitement que pour elle et qu’elle n’aide pas son enfant à grandir. Or, quand on a déjà allaité son enfant ou que l’on est père d’un enfant allaité, on sait bien que le plaisir en question est partagé, que la mère y éprouve autant de satisfactions et de joies que son enfant. Cet extrait montre aussi à quel point l’allaitement c’est davantage que de la nourriture, c’est plus que la satisfaction d’un besoin, c’est bien plus qu’un échange de fluides. L’allaitement c’est un échange de contacts, de peau à peau, d’amour et de plaisir partagé entre une mère et son enfant.

De ce plaisir partagé nait aussi la confiance. En effet, je considère que l’allaitement est un formidable moyen de créer un lien avec son bébé. Entendons-nous bien, ce n’est pas le seul moyen, c’est une évidence, et de nouveau je ne dénigre pas l’allaitement au biberon. Mais bon dieu, qu’est-ce que l’allaitement au sein contribue à se faire confiance !

. Confiance en soi d’abord, car en tant que jeune mère on éprouve souvent une grande satisfaction à nourrir son enfant avec son corps, comme on peut le lire dans l’extrait  « plaisir de voir grandir son enfant ». Toute mère éprouve cette joie, mais en allaitant on a la satisfaction supplémentaire de savoir que c’est nous, notre être entier qui y a contribué. Après une grossesse en fusion, l’allaitement est un bon moyen de se détacher en douceur et dans la joie … (enfin sauf si une reprise du travail précoce vient entraver les choses).

. Confiance en son enfant. La proximité constante du début (et qui continue un peu après aussi), inhérente à l’allaitement m’a vraiment permis de mieux connaitre ma fille, je connais ses réactions, ses envies, ses cris.

. Confiance de son enfant. Je sais que mini capuchon a confiance en moi, elle sait que je peux satisfaire ses besoins à la fois nourriciers et affectifs. Elle l’a vécu, dès son entrée dans le monde, elle a été nourrie par ce corps qui l’a portée.

 

Certains voient dans tout cela un état de dépéndance. Peut-être, mais aujourd’hui j’ai la grande satisfacton de constater que ma fille commence à s’apaiser aussi grâce à des calins tendres et plus seulement au sein. On se serre dans les bras l’une de l’autre, on se regarde tendrement, toujours complices comme pour se dire qu’on sera toujours là, à cette place, même après l’allaitement car quelque chose de fort a été construit dès le commencement. Elle réclame de moins en moins souvent la tétée, et je suis heureuse de voir qu’elle grandit petit à petit, dans la confiance. Peut-être y suis-je pour quelque chose.

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Qu’en est-il du père ? On pourrait se poser la question étant donné la place du plaisir dans l’allaitement. Est-il jaloux ? Se senti-il exclu ? Et bien, pas dans mon cas.  Il n’a jamais été jaloux, il ne s’est jamais senti délaissé, il est même attendri. Il a trouvé sa place de père par d’autres biais que l’alimentation, par toutes ces petites choses qu’il apporte à notre fille que moi je ne peux pas lui donner. La notion de plaisir partagé entre eux est venue un peu plus tard, quand mini capuchon s’est mise à lui sourire, puis plus tard à rire aux éclats, en réaction aux chatouilles et exclamations de son père. Une tendre complicité s’est installée entre eux. Il y avait, dès le départ, l’intime conviction pour ce père que ma place  était dans cet allaitement et la sienne ailleurs.

Qu’en est-il de notre plaisir à nous en tant que couple ? Comme j’ai voulu le souligner plus haut, l’aspect sexuel qu’on relie souvent à l’allaitement, a, il me semble, peu de place dans la discussion sur ce sujet. Je dinstigue parfaitement la place du plaisir dans ma relation à ma fille à travers l’allaitement, de celui que je peux éprouver dans mon couple … et encore heureux ! Il faut vraiment être soi-même confus dans ses émotions et son histoire pour faire ce type d’amalgame.

Bref, encore une fois, j’ai fait ma bavarde, mais je n’ai pas fini de parler de ce doux bonheur qu’est l’allaitement, pour nous 3 …

Ceci était ma contribution aux vendredis intellos de Mme Déjantée.

Bébé lit final

 


 

 

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9 réponses »

  1. Merci beaucoup de ta contribution!!
    En tant que maman allaitante, je partage beaucoup de tes expériences: la détente, la relaxation, l’impression de leur faire du bien, l’image positive à l’égard de son corps qui fait si bien son travail, la complicité, la nécessité d’être à l’écoute des demandes de son enfant… En même temps, je n’ai jamais donné le biberon, je ne sais donc pas si cela procure des sensations (moins physiques mais tout aussi émotionnelles) identiques: j’ai vu un couple de mes amis donner le biberon à leur bébé de 2 mois et voir cela comme un privilège, un moment magique donc j’avoue seulement mon ignorance..
    Je reste persuadée qu’un bébé a avant tout besoin d’avoir une maman épanouie et des gens qui l’aiment immensément pour lui permettre de grandir…mais je crois savoir que tu es d’accord avec moi sur ce point…
    Pour les réflexions plus intellectuelles sur les rapports nature/culture et les représentations de l’allaitement, rendez vous lundi pour le débriefing!!!

  2. Je n’ai rien à dire de plus, cet article décrit très bien le plaisir que la maman et le bébé peuvent ressentir durant l’allaitement, une fois que celui-ci est bien installé et qu’il n’y a pas ou plus de difficultés particulières. Oui, c’est un plaisir partagé, c’est un bonheur de savoir qu’on lui donne le meilleur de nous même!

  3. @Mme Déjantée, j’ai déjà donné des biberons
    et je trouve que ce n’est pas du tout pareil. Mais je ressens certainement cela parce que je suis d’abord passé par l’allaitement. Effectivement, ce qui compte c’est d’être entouré de parents aimants et bienveillants. Et surtout, je trouve la tâche d’être mère déjà suffisamment difficile, rajouter une pression ou un jugement autour de l’allaitement (dans un sens ou dans un autre d’ailleurs) me semble très malvenu. J’essaie juste de transmettre le bonheur que c’est pour moi d’allaiter. Comme tu l’as dit sur hellocoton : c’est mon grand cri d’amour !
    @ Audrey, effectivement tout cela vaut surtout une fois les débuts passés ! Mais j’ai trouvé les difficultés du début assez « formatrices » dans mon rôle de maman, ceci dit.

  4. un article magnifique poulette, je ressens beaucoup de choses similaires..
    C’est toujours un plaisir de passer ici te lire 😉
    Biz

  5. @ fleur, merci pour ton commentaire et pour le partage sur facebook 😉 Figure-toi que j’ai lu ce feuillet de la leach league en passant par ton article « Et tu l’allaites toujours ? » donc tu y as un peu contribué ! Bises
    @ Audrey, ravie de t’accueillir ! J’ai écrit cet article avec tout mon cœur de môman ! J’irai faire un tour sur ton blog à mon retour de vacances, promis !

  6. Cet article est magnifique ! Quand Nathan est né, je n’ai malheureusement pû que l’allaiter 2 jours, et ce fut un moment magique et merveilleux. Mais tout aussi déchirant car ayant une maladie de peau (bénigne), la succion de mon tout petit m’a fait des cloques qui n’avait pas le temps de cicatriser. J’ai eu beaucoup d’emotion à lire ton billet, merci 🙂

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