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Etre prête ?

Il y a peu, Madame Sioux a écrit un billet très intéressant sur le cataclysme que représente le moment où l’on devient parent, ce cataclysme que l’on ne voit pas venir et qui nous tombe dessus. Cet article m’a touché car j’ai ressenti les choses à peu près de la même façon, à la naissance de minicap. Je n’ai rien vu venir, vraiment. Parfois je me demande si j’étais prête, mais comme le dit Madame Sioux, peut-on véritablement être prêt ? On aura beau prévenir, dire, raconter, la parentalité fait partie de ses choses qui se vivent.

Je dis cela, et pourtant comme j’ai pu la détester cette phrase : « tu verras quand tu seras parent ! » On me l’avait trop souvent dite, pour me clouer le bec, je l’avais en horreur cette phrase « magique » qui rabaisse les nullipares. Aujourd’hui, pourtant, même si je n’ai pas envie de prononcer cette phrase telle quelle, je ne peux m’empêcher de penser qu’auparavant je ne savais pas. Car, cela est vrai, la naissance de ma puce m’a révélé des pans de l’existence qui m’étaient alors totalement inconnus.

Je ne sais pas si cela vient du fait que je n’ai pu investir totalement ma grossesse pendant plusieurs mois, en raison du diagnostic du CMV, ou si trop prise par mon travail, je n’ai pas pris le temps de me poser et d’anticiper. Peut-être est-ce parce que cette grossesse n’était pas tout à fait prévue, que nous avons du déménager pendant le 2 ème trimèstre … toujours est-il que quand minicap est arrivée, j’ai vécu les événements comme une énorme claque. Cette déferlante d’amour, j’y avais pensé mais je n’avais pas autant anticipé son côté animal, et son intensité, je n’avais pas anticipé l’émotion immense qui m’envahirait en constatant les points de ressemblances entre ce petit être et moi, « C’est ma fille ! » Je n’avais pas assez anticipé l’énervement qu’engendreraient les remarques familiales, les invasions (vécues comme telles en tout cas) diverses et variées dans notre nouvelle petite famille. Et bien évidemment, je n’imaginais pas la fatigue.

Mais, la grande question est de savoir si on peut se préparer à cette tempête, nous réagissons tous différemment en fonction de notre propre histoire, c’est pourquoi il est difficile de répondre de façon générale. Je me pose, cependant, la question me concernant. Pendant ma grossesse, j’avais tout préparé d’un point de vue matériel. Le nid était prêt, les meubles achetés, les vêtements de bébé pliés. Malgré cela, je ne me suis préparée à l’accouchement qu’à la dernière minute, j’avais à peine lu sur le sujet. Je ne connaissais rien aux bébés, et je n’avais rien lu non plus. Toutefois, je me rappelle avoir prononcé une phrase tout à fait juste. Enceinte de 7 mois, je me souviens avoir reproché à barbe de 4 jours son manque d’investissement, et je lui ai dit  » Tu sais, quand le bébé naîtra tout va changer en quelques secondes, et ça ne se fera pas petit à petit. A la minute où elle naîtra, toute notre vie va changer et on devra le gérer, sans avoir le choix. » Aujourd’hui, avec le recul, je me dis que j’avais vu juste, mais pourquoi alors ai-je éprouvé tant de difficultés ? Je savais bien que les nuits seraient difficiles, que nous dormirions peu, je savais que je mettrais du temps à réapprivoiser mon corps, ma vie, mon temps. J’avais beau savoir que la vie allait changer, quelque part, j’avais bien trop peur de quitter ce qui m’était familier et je me dis que je n’ai pas voulu admettre l’ampleur du phénomène. Je ne me rendais pas compte non plus de ce que cela allait changer du point de vue émotionnel, changer c’est souvent douloureux, et qui a envie d’admettre que l’on va souffrir ?

Où est-ce que je veux en venir ? Je veux juste souligner la difficulté que l’on peut éprouver à laisser derrière soi une partie de ce qu’on a été. Que l’on tente de se préparer ou non, il reste difficile d’être totalement prêt face à de tels changements. Mais que l’on se rassure, les heures peuvent être incroyablement douces après la tempête, et qu’il est bon de vivre au côté de notre tout petit, une fois les marques prises … jusqu’au deuxième bébé hahaha.


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5 réponses »

  1. Je l’ai ressenti exactement de cette manière également….Finalement, je crois que nous ne sommes jamais prête à un si grand chamboulement, un amour aussi intense…
    Très beau billet !

  2. Moi je trouve que la grossesse nous apprend que l’on n’est jamais prêts pour l’étape à venir. Je n’étais pas prête quand je l’ai senti bouger, je n’étais pas prête quand je l’ai vu à la première écho, pas prête à partager mon corps,… Et j’étais alors certaine que ce sentiment d’être prise de vitesse continuerais après. A l’accouchement, je n’étais pas prête à le voir en vrai, je n’étais pas prête à le porter, pas prête à sacrifier toutes mes nuits, à l’entendre dire son premier areuh, à recevoir son premier sourire et récemment pas prête à le mettre dans sa chambre.
    Je crois qu’on est jamais vraiment prête, on apprend juste à l’accepter 🙂

  3. Je trouve ça compliqué et un peu douloureux de se repasser mentalement le film des « débuts », tel que je l’ai décrit. Personnellement, je culpabilise de l’avoir vécu comme ça, de m’être laissée submerger et emportée aussi loin par l’angoisse, la découverte, l’épuisement… J’espère très fort ne pas revivre les choses ainsi la prochaine fois. Enfin, bien sûr, ça sera différent et ça devrait être plus cool. Mais j’ai très peur de donner à nouveau l’imagine de la mère « épuisée » et « babybluesée », à qui tout le monde veut dire ce qu’elle devrait faire – et en même temps, je ne veux pas me laisser dicter mon humeur pour « sauver les apparences ».
    Ah la la, qu’est-ce que je peux me prendre la tête !! 😉
    En tous cas, je maintiens aussi, même pour celles qui ont mieux géré le bouleversement que moi semble-t-il : on ne PEUT PAS s’attendre à ça !!

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