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La place du père, à la maternité

Une question me taraude (oui ça m’arrive). On nous rebat les oreilles sur le rôle du père de nos jours, sa place aurait changé, il assumerait avec plaisir sa pleine responsabilité au sein de la famille, au même titre que la mère et avec le même engagement.

Je ne remets pas en cause ces dires, même si j’émettrais juste le petit bémol que tout cela reste très variable d’une famille à l’autre. De notre côté, barbe de 4 jours s’implique c’est sur, à sa façon de père, et je veux dire par là  » pas comme moi », ce qui m’a demandé pas mal de temps à accepter. Ultra fusionnelle avec ma fille au départ, j’ai eu du mal à le laisser faire, notez l’usage même de cette expression « laisser faire » comme si la mère avait à donner l’autorisation au père, ce qui est bien entendu erroné. Mais, en ce qui me concerne, je ne me suis pas montrée très rationnelle à la naissance de minicap, mais avec le temps, donc j’ai fini par regarder d’un œil bienveillant toutes les attentions paternelles de barbe de 4 jours et à présent je reste à ma place sans m’immiscer dans leur relation.

Mais je m’ éloigne de mon sujet initial. Barbe de 4 jours s’implique, donc, mais son implication a des limites. Il faut l’avouer je m’occupe davantage de minicap que lui, et avec davantage d’entrain dirons-nous. Par ailleurs, la nuit JE me lève et lorsque l’un de nous doit sacrifier un petit plaisir pour gérer une situation avec minicap, JE le fais. Je sais, cependant, que cela tient à une question de caractère et que notre schéma de fonctionnement est propre à notre famille.  Il existe toute une gamme d’implications pour les pères (comme pour les mères d’ailleurs) mais en des temps où on prône l’égalité au sein de la famille, je m’interroge.

Oui, je m’interroge sur un point en particulier : le séjour à la maternité. Je discutais l’autre jour, avec une amie au ventre rond pour la première fois, et nous parlions du séjour en maternité, du fait que le père n’avait pas droit de visite le matin, ce qui l’inquiétait. Je l’ai rassurée en lui disant que dans la maternité où j’avais accouché le règlement était le même mais que bien évidemment ils laissaient le père venir le matin.

Mais est-ce bien suffisant ? Se contenter de la joie extrême d’une tolérance concernant les visites du père ? Je me rappelle encore, lors de ma visite guidée de la maternité, enceinte de 8 mois, j’ai alors réalisé au détour d’une salle, que les premières nuits je les vivrai seule. Oui, je n’avais absolument pas pris conscience de la chose auparavant. Les premières nuits en tant que mère, on les vit seule en tête avec bébé. Tant pis si on est épuisée par l’accouchement, tant pis si on a mal, tant pis si on a peur de mal faire, si tout simplement on ne sait pas faire. On vit la grossesse en la partageant un maximum avec son conjoint, et tout d’un coup pour le grand démarrage on doit se la jouer en solo.

Alors certes, c’est bien la femme toute seule qui porte le bébé et accouche (enfin avec l’aide de bébé bien évidemment) mais je trouve fou que finalement, on laisse si peu de place au père, à la maternité. On se retrouve alors dans un monde totalement artificiel, par rapport à la suite du chemin, à un moment où au contraire on a besoin d’authenticité, de bienveillance et de familier au milieu de cet inconnu. Ainsi, je me rappelle de cette phrase cinglante de l’auxiliaire de puériculture à qui j’ai demandé de l’aide au milieu de la nuit, à deux doigts de pleurer et qui m’avait donc répondu « Je ne préfère pas, vous ferez comment à la maison ? » Ce à quoi, je lui avais répondu, en rongeant mon frein,  » A la maison, il y aura le père. » Cette phrase n’a pas semblé la convaincre, comme si cette aide précieuse du père n’allait pas compter, selon elle. Quelle erreur ! Car le père en question, il s’est occupé de sa fille, au retour à la maison. Il m’a accompagnée dans les premiers rituels de notre vie commune, nous nous sommes relayés les premières semaines, quand l’un craquait, l’autre prenait le relai. Bref, la vie était tout autre. L’absence de mon homme à la maternité était donc peu représentative de la vie à venir et cette mise à l’écart me semble désuète, de nos jours.

Peut-être, faudrait-il revoir cette place, pour un meilleur accompagnement de la jeune famille …
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5 réponses »

  1. Eh bien je mesure quelle chance j’ai d’être inscrite dans la maternité qui va accueillir notre petite fille, d’ici un mois et demi : je m’attendais à passer les nuits seules mais le père peut rester la nuit (sur un lit, pas un fauteuil ^^), il peut être au bloc en cas de césarienne, il fait un peau à peau avec le bébé quand on s’occupe de la mère lors de la délivrance, etc. Pourtant cette maternité n’est pas très axée physio (pas de baignoires pour le travail, positions d’accouchement plutôt « classiques », etc.)
    Il reste encore quelques tabous sur la participation à certains cours de préparation à la naissance : on sent bien que pour celui portant sur les suites de couche, les pères ne sont pas bienvenus (alors qu’ils vont les voir, ces suites…)

  2. Très joli billet … Je ne m’étais pas posée la question dans la mesure où ça me paraît normal que le père puisse passer la nuit à la maternité et aberrant que ça ne soit pas possible !
    Je pense que c’est plus difficile lorsqu’il n’y a que des chambres doubles mais pourtant qu’est-ce que la présence du papa est importante ces 1ers jours !

  3. Oui, je suis finalement assez étonnée du peu de place accordée au père, ou plutôt à la trop grande place laissée à la mère, sur qui on fait reposer un sacré poids sur les épaules. Je n’avais pas pensé à tout ça avant de visiter la maternité, peut-être parce que dans mon esprit le papa serait là …

  4. Bonjour,
    Pour moi, la présence de la mère à la maternité, ce n’est pas tellement « une trop grande place » qu’on lui donne par rapport au bébé (même si, pour elle, les hormones sont livrées avec, la mettant plus naturellement en phase avec son bébé !). C’est plutôt qu’elle aussi vient de traverser le bouleversement de l’accouchement, et qu’elle peut avoir besoin d’être encadrée quelques jours (opinion à moduler évidemment : celles qui sont à l’aise, bien dans leur cocon familial, soutenues par les papas, et le cas échéant avec l’envie de retrouver les aînés, n’ont pas forcément envie de rester coincées à la maternité pour être supervisées par une équipe médicale !). Et dans tous les cas, celle-ci devrait être là pour conforter la maman dans ses capacités, et répondre à ses demandes, lui donner des guides sans l’infantiliser ou la culpabiliser.
    Quant au père, ça dépend vraiment du ressenti de chacun. Pour ma part, je me sentais bien en étant « seule » à la maternité (petite structure où j’étais bien entourée par une équipe très humaine et très à l’écoute) : j’étais dans ma bulle et je pouvais me mettre au rythme de mon bébé (notamment pour grappiller quelques plages de sommeil à n’importe quel moment !). J’appréciais la visite quotidienne du papa, et son aide logistique (lessives à la maison pour que notre petit bonhomme ait toujours du linge propre sans avoir un stock démentiel !), mais je n’aurais pas souhaité sa présence en permanence. Et lui non plus n’en aurait pas eu envie. Par contre, je trouve ça dommage que si le père souhaite s’impliquer davantage auprès de la mère et du bébé, il en soit empêché par des contraintes de la structure.
    Comme pour la présence en salle d’accouchement, il faudrait que chaque couple puisse avoir le choix. Que ce soit la maternité qui s’adapte aux besoins et au ressenti des parents, et pas le contraire !

  5. Je partage complètement votre article. Notre première fille est née en 2012 et on a du se battre contre l’hôpital pour que le papa reste présent avec moi la nuit, ce qui nous a été refusé la première nuit, et nous avons « grugé » – comme si c’était illégal – pour les suivantes. Nous avons été marqués tous les deux par cette stupidité de la part de l’hôpital. Pourtant j’ai expliqué que je n’entendrais pas le bébé pleurer – je suis hypersomniaque. Pour notre deuxième fille en 2015, Papa a été accepté car j’ai fourni mon diagnostic, fait dans un centre du Sommeil. Il a dormi dans un fauteuil.
    Nous attendons le troisième pour septembre et nous souhaitons faire des photos en salle d’accouchement avec une photographe pro, et l’hôpital nous répond que ce sera soit le Papa soit la photographe en salle d’accouchement. Comment privé un Papa de ses enfants au XXIème siècle en France ?
    On est scandalisés !

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