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Puiser en soi

Je suis une éternelle pessimiste. Quand l’avenir semble incertain, quand se profilent deux possibilités, j’imagine toujours que c’est la pire des deux options qui va pointer le bout de son nez. Quand quelque chose de positif m’arrive, je minimise toujours, en diminuant mes mérites, alors que, bien évidemment, si quelque chose de négatif m’arrive, je me sens éminemment responsable, j’en fais tout un drame et j’ai l’impression de crouler sous une montagne de tracas.

Je n’ai pas choisi de me sentir ainsi, on ne choisit pas d’être toujours inquiet et de trainer derrière soi ce sentiment d’incertitude permanent. Cela m’a joué de très nombreux tours, cela m’a rendue plus malheureuse que de raison, cela m’a rendue parfois amère et désagréable avec ceux que j’aimais. Et surtout, ça gâche la vie. Et pourtant, elle est déjà si courte ! Quelle perte de temps ! On ne choisit pas de se sentir ainsi.

La raison principale de ces angoisses étant très certainement un manque de confiance en moi chronique. Il m’a fallu apprendre à vivre en schizophrénie permanente. En effet, tout en étant une adepte du verre à moitié vide, il a bien fallu que je construise ma vie en avançant. Convaincue de mon faible potentiel, j’ai pourtant du travailler sur moi et travailler tout court pour atteindre des objectifs que je m’étais fixée : faire des études, devenir professeur des écoles, fonder une famille … entre autres. Il a fallu me persuader que malgré mes incapacités notoires, j’avais nécessairement un minimum de compétences, pour en faire quelque chose.

Finalement, quand je regarde le trajet parcouru je me dis que j’ai bien avancé depuis les bancs de la fac.  A l’époque, sortir un mot en cours de travaux dirigés (TD pour les intimes) relevait du défi ultime. C’est bien simple je pensais mourir à chaque cours, le chargé de TD pointait son stylo dès qu’un étudiant prenait la parole et après avoir pris quelques notes sur son petit carnet, il arborait un joli sourire pour ensuite démonter tout l’argumentaire du dit étudiant, en 3 minutes. Aujourd’hui, toute cette comédie m’impressionne beaucoup moins. Mais purée, comme le chemin a été rude. Si je n’avais pas eu une vague idée du bonheur, et un minimum d’ambition, je crois bien que je me serais enfuie pour me faire une petite place dans un trou de souris !

Et depuis, la naissance de minicap m’a fait prendre un sacré recul sur la vie. Enceinte, j’ai cru perdre ma fille. Quand on m’a annoncé que j’avais peut-être contracté le CMV pendant ma grossesse, fidèle à ma nature, j’ai tout de suite imaginé que j’allais devoir accoucher de mon enfant mort-né, que je ne m’en remettrais jamais. Finalement, le danger a été écarté, minicap est la plus merveilleuse des petites filles qui n’a contracté que deux rhumes en deux ans, qui parle et chante sans arrêt et qui adore faire la course avec sa maman. On a beau s’imaginer le pire, parfois la vie c’est une juste un cadeau emballé dans du joli papier.

L’an dernier, nous avons vécu une année quelque peu chaotique avec barbe de 4 jours, principalement pour raisons professionnelles. Mon pessimisme habituel m’a fait envisager le pire, je me remettais sans arrêt en question, sans penser une seule seconde que changer quelques aspects pratiques de ma vie professionnelle suffiraient pour retrouver l’équilibre. Depuis, nous avons procédé à ces changements. Tout n’est pas toujours rose mais je me suis rendue compte, il y a peu, que j’étais heureuse, tout simplement. Heureuse de vivre avec ma fille, de m’en occuper … beaucoup, heureuse de vivre avec mon homme (même s’il m’éneeeeeeeeeeeeeeeeeeerve … des fois), heureuse de retrouver mes élèves, heureuse d’avoir trouvé un rythme qui me convenait. Et surtout, j’ai à nouveau le temps de rêver, de lire, de m’extasier pour autre chose que la dernière trouvaille de minicap, bref de m’occuper de moi, de mon esprit. Petit à petit, je reprends confiance. Et ce ne sont pas les autres qui y parviennent pour moi. Comme on dit, nous sommes les artisans de notre propre existence. Alors parfois, il faut se mettre un coup de pied aux fesses, se prendre par la main et accepter d’être qui on est tout en renonçant à ce qu’on ne sera pas. Reconnaitre qu’on possède déjà beaucoup, qu’on a peut-être pas le physique de Scarlett Johansson, mais qu’on a sa beauté à soi et qu’elle vaut bien celle des autres. Assumer ce qu’on pense, et ce qu’on veut transmettre, sans état d’âme, parce que parfois elle a besoin de se reposer, notre âme.

Finalement, la confiance, le bonheur et la joie commencent en soi, avec toute la bienveillance dont on peut être capable envers les autres et surtout envers soi.

(petit clin d’œil au billet de Kiki the mum. J’aurai 30 ans dans deux mois, serait-ce l’effet trentenaire ?)
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1 réponse »

  1. Le bonheur, être heureuse, c’est être, tout simplement. Et je vois que tu en prends le chemin. Si tu savais par quoi je suis passée. Dans tes lignes je crois me voir il y a quelques années. Mais en un an seulement, les choses ont vraiment changé. Pour de vrai et profondément.
    Il suffit de le décider, de regarder la vie en face. Et d’être pleinement soi 🙂

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