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Ma petite grande

Ces derniers temps, je vous parle surtout de petite R. Il est vrai qu’elle occupe une place énorme dans ma vie, depuis son arrivée. Mais ce serait se tromper très lourdement que de penser que Minicap a déserté mon cœur et mes préoccupations de maman. En effet, dès la maternité dame culpabilité s’est invitée et tout en pouponnant mon tout jeune bébé, j’ai toujours eu une partie de mon esprit ailleurs, vers ma Minicap, ma petite grande.

Car les débuts n’ont pas été simples. Autant je me suis largement préparée à l’accouchement, autant je pense ne pas avoir assez réfléchi aux enjeux dans la fratrie. Pourtant, nous avons lu des livres sur le sujet à Minicap, discuté avec la puce mais je n’avais pas assez pensé aux attitudes à adopter une fois le bébé venu. Par ailleurs, je suis la petite dernière dans ma famille, alors j’avoue me sentir un peu déconnectée de ce que peut ressentir un aîné à l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur. Or, la transition n’est pas aisée.


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Dès la maternité, j’ai senti Minicap un peu perturbée, elle cherchait à attirer l’attention, elle avait l’air légèrement perturbé. Je ne saurai jamais quel effet a eu sur elle son réveil sans ses parents et mon séjour de 3 jours loin de la maison. J’avais tout juste commencé à lui parler de la maternité mais je ne l’avais pas préparée à un éventuel départ nocturne. Je n’en avais pas eu le temps.

Toujours est-il que 2 jours après notre retour de la maternité, Minicap a commencé à adopter un comportement que je qualifierais de très dur ! Elle s’est mise à crier, à sauter et adopter toutes sortes d’attitudes visant très clairement à attirer notre attention. Elle ne nous écoutait plus du tout, tout était devenu sujet à négociation : le bain, l’habillage, le repas, le départ pour l’école … etc. Crises de larmes, sommeil agité et portes qui claquent furent notre lot pendant près de 3 semaines. On peut ajouter à cela un bon 39° de fièvre qui ne descendait pas, un appel à SOS médecin en plein dimanche et une prise d’antibiotiques. Je reste persuadée que ma puce, si sensible, a somatisé, elle, qui est si rarement malade et qui l’a pourtant fortement été 1 semaine seulement après la naissance de sa sœur. Puis, nous avons aussi eu droit aux mots durs, qui font mal, de ceux qui font pleurer même si on sait que ce ne sont que des mots d’enfant. Minicap m’a ainsi dit qu’elle voulait changer de maman. Je sais que ça ne signifie pas grand chose d’autres que de la frustration de sa part de voir son univers chamboulé, mais je l’avoue cela m’a peinée. Depuis, nous avons vécu l’inverse, une période très pot de colle où Minicap ne me lâchait pas d’une semelle et où elle réclamait mon amour en permanence.

Il faut dire que cette période difficile peut vite devenir un cercle vicieux. On manque de sommeil, on est irritable, l’aîné fait à peu de chose près absolument tout pour exaspérer ses parents histoire de s’assurer de leur amour, mais les conditions font qu’on s’énerve 5 fois plus vite, on s’exaspère, on crie, et son enfant se sent encore plus mal. Un cercle vicieux je vous dis …

Pour en sortir, j’ai clairement testé quelques approches : j’ai par exemple absolument tenu à garder nos rituels. Rapidement, je suis retournée chercher Minicap à l’école, comme je le faisais avant. J’ai continué de lui lire l’histoire du soir et tous les jours, j’ai tenté de lui consacrer un moment rien qu’à elle pour jouer. Le week-end et le mercredi, je lui ai fait faire au moins une activité : pâtisserie, jardinage … etc. Histoire de lui montrer que tout n’allait pas changer. Tout cela fut facilité par le fait que petite R dormait facilement et demandait peu d’attention. A l’heure où j’écris, les choses se sont déjà un peu corsées à ce niveau là et je vois bien que quand j’interromps une activité parce que le bébé pleure, Minicap n’est pas contente.

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Nous avons également tenté l’approche du cadeau qui a plutôt bien fonctionné. J’ai offert à Minicap un jeu de pêche qui lui a fait énormément plaisir, elle a joué avec pendant près d’une heure dès qu’elle l’a reçu. Puis nous lui avons offert une trottinette qu’elle adore aussi, qui lui permet de faire de belles balades. J’ai bien senti que ces petites attentions lui avaient fait vraiment plaisir et lui avaient permis de voir qu’il n’y en avait pas que pour sa sœur.

Enfin, j’ai pris beaucoup de temps pour parler à Minicap, une fois la période la plus dure passée, le dialogue a pu être restauré. Je lui ai également lu des livres rassurants sur des parents qui aimeront toujours leur petit. Cela aussi a eu l’air de fonctionner puisque la belle me les a réclamés tous les soirs. Cependant, même aujourd’hui, je regrette que Minicap ne soit pas davantage capable de verbaliser. Je sens bien que parfois elle est mécontente ou triste et elle ne dit rien. Je sais que je lui en demande beaucoup pour son âge, mais j’aimerais tant qu’elle puisse  dire simplement ce qu’elle a sur le cœur. 

En bonne mère culpabilisée, j’ai investi dans deux livres. Je n’ai lu pour l’instant que le livre de Stephan Valentin, Quand un nouveau bébé arrive. Comme tous les livres des éditions Jouvence, il est très facile et rapide à lire, je le conseille vivement ! Il m’a permis de me rassurer sur mes façons de faire, j’ai eu la sensation que je n’étais pas totalement incompétente dans l’histoire.  Hormis, sur un point : celui de la valorisation. En effet, j’ai pris conscience que je ne valorisais pas assez Minicap dans son rôle de grande sœur. Lui donner des responsabilités, la faire participer pour les soins, pour pousser la poussette ou la laisser tenir sa sœur … j’ai eu du mal à faire tout cela, car j’ai déjà du mal à l’origine à déléguer quand il s’agit d’un tout petit bébé (et encore je me suis calmée par rapport à Minicap nourrisson !) Depuis la lecture de ce livre, je laisse Minicap porter sa sœur quasiment à chaque fois qu’elle le demande, tous les jours, elles se câlinent. Et cela semble apaiser ma « grande ».

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Ce que je retiens surtout de cette lecture, c’est l’importance de respecter les sentiments de l’enfant, du moment que l’agressivité ne se manifeste pas de façon violente, l’importance de montrer qu’on ne délaisse aucun de ses enfants (ne pas tomber dans l’écueil de délaisser le bébé pour l’aîné non plus !) et qu’il faut du temps pour que chacun trouve sa place.

Depuis 10 jours, cela va beaucoup mieux. Je ne dis pas que la sérénité règne en permanence dans la maison. Nous continuons de traverser quelques orages, mais Minicap a 3 ans et demi, petite sœur ou non, elle reste une enfant qui demande de l’indépendance et qui a encore du mal à gérer la frustration. Seulement, depuis 10 jours, je reconnais enfin ma fille, nous arrivons à mener une vie de famille normale … ouf ! 

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Ma grande fille, comme cela est drôle finalement de l’appeler ainsi, alors qu’il y a encore 2 mois c’était notre petite. En l’espace d’un instant, elle est devenue notre grande, quel bouleversement !Je n’oublie pas pour autant qu’elle est encore ma puce, ma chérie à câliner, ma petite grande.

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7 réponses »

  1. Je me reconnais tellement ! Bébé Jules est né le 26 mars et son grand frère aura 4 ans en juillet.bebe juoes dort peu, bébé rgo et allaiter a la demande soit toutes les deux heures… Mon grand qui était si sage est devenu colérique. Et moi fatigué je suis devenu si impatiente et si exigente. je cris aussi souvent, moi que l’on disait si calme . j’espère que tout cela n’est que orage effectivelent.merci en tout cas pour cet article qui me fait sentir moins seule. Mon grand ma d’ailleur dit  » je préférai avant quand, d jules n’était pas la  » ou « tu ne t’occupes pas de moi » alors que je passe du temps avec lui, même plus qu’avant…

    • Je pense qu’on traverse ce type de situation après la naissance d’un deuxième ou troisième. Je suis sure que ça va finir par se calmer, puis il faut bien avouer qu’il s’agit d’un sacré chamboulement dans la vie d’un enfant.

  2. Très bel article qui résume très bien la situation à l’arrivée du 2ème avec un « grand » encore si petit (ne serait-ce que dans nos cœurs de mamans fatiguées …).
    La dernière approche, « parler » est selon moi la meilleure et celle qui marche le plus … lui dire qu’on comprend, qu’on sait que ce n’est pas facile mais qu’on l’aime, qu’on l’aime, qu’on l’aime (tellement).
    Car l’aîné, est et restera toujours celui qui a fait de nous une maman (je ne sais plus où j’avais lu ça mais ça m’avait beaucoup touchée).

  3. Très bel article. .. nous avons vécu un peu la même situation ici à l’arrivée du petit frère. .. le cercle vicieux… jusqu’au moment où en discutant avec mon grand de 4 ans il me dit « tu souris tout le temps avec lui et pas avec moi… » … gloups. .. remise en question de maman et tout est rentré dans l’ordre. .. depuis tout roule ;))

    • En lisant ton commentaire, je me suis dit que moi aussi je ne prenais plus beaucoup de plaisir dans mes interactions avec mon aîné. Moins de sourires et plus d’agacements. Je vais tenter d’y remédier car ça ne doit pas aider du tout !

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