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Le don de lait

Il y a quelques semaines, j’ai rencontré une consultante en lactation qui m’a proposé de me renseigner sur le don de lait. Je connaissais la démarche mais n’avais pas pris les devants pour Minicap tant je me sentais déjà submergée par l’organisation chaotique de mes débuts de maman. Aujourd’hui, avec l’allaitement de petite R, je me sentais davantage capable de gérer les choses, alors j’ai sauté le pas. Mais pourquoi le don de lait ? Pour qui, par qui et surtout comment ?

On pense bien souvent au don de sang mais rarement au don de lait. Pourtant celui-ci peut s’avérer très utile. En effet, le lait maternel est utilisé pour nourrir les bébés prématurés, les bébés atteints de maladies digestives, ou de maladies du cœur qui ne peuvent supporter le lait artificiel. Le lait récolté sera utilisé le temps que la lactation de la maman du bébé se mette en place ou lorsque cette dernière ne peut ou ne veut pas allaiter. Dans ces cas là, les hôpitaux nourrissent ces bébés grâce au don de lait fait par des jeunes mamans allaitantes.

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Toute maman qui allaite peut donner son lait. Certaines conditions de santé sont bien entendu nécessaires, ainsi avant de donner son lait, il faut faire une prise de sang pour vérifier que la maman n’est pas porteuse du VIH ou autres maladies qui seraient transmissibles par le lait. Cela représente une faible contrainte, plus que nécessaire qui plus est, étant donné les enjeux.

L’autre condition, très terre à terre, est d’avoir un congélateur chez soi pour stocker le lait.

J’avoue qu’avant de donner mon lait, j’avais peur du côté contraignant. Stériliser le tire-lait, tirer oui mais à quel moment ? Allais-je y arriver avec un bébé et une puce à gérer ? Je me suis tout de même lancée en me disant que de toute façon cela ne m’engageait que pour trois semaines, pour commencer et que si ça n’allait, pas je pouvais arrêter. 

Selon les lactariums les contraintes peuvent différer. Personnellement, je me suis adressée à l’hôpital Necker. Un rendez-vous a été pris et un collecteur est passé chez moi pour m’apporter le matériel nécessaire, me prêter un tire-lait électrique et prendre rendez-vous pour la collecte de lait qui a lieu toutes les 3 semaines environ. Il y a une petite fiche de renseignements à remplir, une feuille récapitulative concernant les consignes de stérilisation du matériel et une fiche pour noter la quantité de lait tiré par jour. Enfin, comme j’avais demandé la stérilisation par pastilles de décontamination, l’hôpital m’en a laissé suffisamment pour stériliser le tire-lait tous les jours et j’ai également reçu les biberons de collectes stérilisés par l’hôpital avec des étiquettes pour noter dessus la date du tirage.

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Afin de stériliser le matériel, il suffit de verser 2,5 litres d’eau dans un saladier que l’on recouvre d’un couvercle, on y dissout une demi-pastille de décontamination, et on y laisse la téterelle et autres objets à nettoyer. Après chaque utilisation du tire-lait, il suffit de rincer et de replonger les différents objets dans la solution. Cette dernière est utilisable pendant 24h. Les biberons pour stocker le lait sont déjà stérilisés donc rien à faire à ce niveau-là.

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La dernière contrainte : nettoyer sa poitrine à l’eau savonneuse avant de tirer son lait. Enfin, sachez que de toutes les façons le lait sera ensuite testé puis pasteurisé. Toutes les précautions sont prises pour préserver les petits bébés fragiles qui consommeront ce lait. il suffit donc de respecter les conditions d’hygiène sans s’inquiéter outre mesure.

Tout cela peut paraître très contraignant. Effectivement, les premiers jours, j’ai quelque peu tâtonné, puis j’ai trouvé une routine qui s’est vite installée. A présent, je tire mon lait tous les matins au réveil, à un moment où barbe de 4 jours est disponible et s’il ne l’est pas je tire mon lait en portant petite R, ce qui a tendance à favoriser la montée de lait ! A force de le faire de manière régulière, ma lactation s’est adaptée et désormais j’arrive à tirer de 100 à 130 ml en une seule fois. Pour faciliter le tirage, j’essaye de me détendre, de penser à mon bébé, de la regarder ou de regarder une photographie d’elle. Ainsi, cela ne me prend guère plus de 10 minutes. Puis je transvase le lait récolté dans un biberon stérilisé, je l’étiquette, je note quelle quantité j’ai pu tirer puis je rince le matériel avant de le plonger dans la solution. Et c’est tout ! Le don de lait ne me prend donc pas plus de 15 à 20 minutes par jour. Je pourrais tirer davantage de lait mais j’ai décidé de ne pas en faire une énorme corvée, et je trouve que 100 ml minimum par jour, c’est déjà bien. 

Si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à vous renseigner, c’est un geste simple qui peut aider. Sachez pour l’anecdote que le lait maternel frais ou congelé est évalué à 80 euros le litre ! Il porte bien son surnom d’or blanc !

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10 réponses »

  1. Bravo ! C’est un geste magnifique que tu fais pour ces petits prémas !!! Pour ma fille, j’avais beaucoup de lait mais je n’ai pas « osé » me lancer… beaucoup de fatigue, la peur que ce soit trop contraignant… Je regrette un peu mais j’y penserai sérieusement si, pour le prochain, l’allaitement se passe bien.

    • Oui, il ne faut pas non plus se forcer. Je ne me sentais pas capable de le faire avec ma première, j’étais déjà submergée ! Là je ne le fais que parce que je me sens plus sereine pour l’organisation. Ceci étant dit on s’arrête quand on veut, donc on peut tenter et s’arrêter assez vite.

  2. Je l’ai fait après la naissance de Choupinou. Pour lui au tout début puis, heureusement, assez vite, pour les autres. Ce n’est pas très contraignant alors si on peut (veut) le faire les lactariums sont toujours à l’écoute et les mamans qui l’ont fait aussi !

  3. Bravo, je suis très admirative!
    Je vais me renseigner, mais j’ai déjà tellement l’impression de laisser ma fille mourir de faim que bon, ça n’est peut-être pas le moment pour moi! ^^
    Je me demande à combien est évalué un litre de sang humain tiens! (je donne très régulièrement mon sang, j’ai pas l’impression qu’il pourra m’en manquer un jour! 😀 )

    • Effectivement si tu es stressée par l’allaitement de ta fille, ce n’est peut-être pas le moment idéal. Mieux vaut déjà être déjà totalement à l’aise avant de se lancer. Ceci étant dit, au bout de quelques jours de tirage, la lactation s’adapte et personnellement, si je ne tirais pas mon lait tous les matins pour le lactarium, j’aurais mal à la poitrine. Donc finalement, ça n’enlève pas de lait à ma puce et je sais que si une journée, j’ai une baisse de lactation, ma fille ne manquera pas de lait.
      Bravo à toi, je n’ai jamais donné mon sang car ça me fait peur. Ceci étant dit depuis mes deux accouchements, je suis moins stressée par les perfusions et autres joyeusetés du genre !

  4. Wow c’est chouette de lire ça !
    Lorsque j’ai accouché la montée laiteuse a tardé… c’est une amie qui m’a donné de son lait pour mon bébé.
    Puis la monté a été carabinée et pendant la première année de mon allaitement, chaque fois que le petit tétait l’autre sein coulait à flot.
    Malheureusement toutes les banques de lait (sauf 2 dédiées à des usages médicaux)ont été fermées au Canada faute de financement et de volonté.
    Des mères qui habitent près de la frontière traversent chaque semaine pour se procurer du lait maternelle aux États-Unis…
    C’est du gros n’importe quoi, alors tant mieux si en France c’est possible et bravo pour ton don de lait !

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