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Jamais deux sans trois ?

J’ai un trait de caractère assez prégnant : je me projette sans arrêt. Pendant toute mon adolescence et ma prime jeunesse, j’ai eu la tête dans l’après. L’après Bac, l’après études, l’après mariage, l’après … Cela a toujours été un moyen de contrer mes angoisses, je suppose, une façon de me dire que je contrôlais les choses. Je n’ai pas pris cela pour un défaut chez moi, jusqu’au jour où ma vie a pris une tournure que je n’avais absolument pas prévue. J’ai vécu un épisode de mon existence assez tumultueux et inattendu avec pour résultat ma rencontre avec Barbe de 4 jours. J’ai alors été bien obligée de constater que les projections, les plans sur la comète et les préparatifs sur papier ne valent rien à côté de la vie, la vraie, celle qui nous fait faire des choses parfois insensées, qui nous fait ressentir des sentiments inattendues, prendre des décisions qu’on avait jamais osé imaginer et accepter les cadeaux de la vie avec bonheur.

Pourquoi je vous raconte tout cela ? Parce que depuis cette époque, je ne cesse de me battre contre ce trait de caractère qui me mine plutôt que m’anime, celui de vouloir tout contrôler et tout anticiper. Aujourd’hui, le bonheur de mon présent je le dois aux plus grands inattendus de ma vie. Je suis une maman comblée de deux enfants en bonne santé que je n’ai pas eu de mal à avoir. Je mesure ma chance, et je suis reconnaissante de vivre tout cela. Je découvre le bonheur d’avoir donner à Minicap une sœur, d’avoir créer avec Barbe de 4 jours une fratrie, en cela je nous sens une véritable famille. Biensur, c’était déjà le cas auparavant, mais pour moi une fratrie était nécessaire pour que je nous visualise totalement comme telle. Mais je l’avoue, alors que je tente éperdument de savourer le présent, mon vilain trait de caractère revient sur le devant de la scène et je ne peux m’empêcher de penser à l’avenir.

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Lorsque j’imaginais la famille idéale que je voulais créer, j’ai toujours visualisé une fratrie de trois enfants. Pas deux, ni quatre mais bien trois. Je suppose que cette vision de la famille idéalisée et fantasmée se construit dès le plus jeune âge, de façon consciente ou non. Or j’ai un grand frère. Je l’ai toujours adoré mais j’ai également toujours eu l’impression qu’il manquait quelqu’un dans notre fratrie. Comme s’il restait une place à prendre au sein de notre famille et qu’elle était vide, comme si l’équilibre n’était pas tout à fait au rendez-vous.

Aussi, depuis que je sais que je veux des enfants (c’est à dire depuis l’âge de 17 ans …), je sais que j’en veux trois. J’ai eu la chance de tomber amoureuse d’un homme qui était aussi partant pour une fratrie de trois (sachez tout de même que Barbe de 4 jours voulait 6 enfants, il a changé d’avis depuis un peu moins de 4 ans … ) Seulement voila, comme je l’ai dit plus haut, la vie est pleine d’imprévus et surtout la vie nous fait avancer, changer et c’est très bien ainsi. Depuis ma deuxième grossesse, ou devrais-je dire depuis nos essais bébé, nous avons commencé à réfléchir à l’éventualité de s’arrêter à deux enfants. Nous venions juste d’avoir la sensation de retrouver une forme de liberté, avec une Minicap qui grandissait. L’école est venue mettre un terme aux dépenses liées au mode de garde, ce qui a fait un grand bien à notre porte-monnaie. Et surtout, nous prenions la mesure de ce que peut représenter l’éducation d’un enfant, en terme de fatigue, d’abnégation et de complications matérielles aussi. En particulier les 3 premières années. 

Quand Petite R est née, je me suis sentie plutôt sereine à l’idée de n’avoir que mes deux petites filles. Une de mes tantes m’a même dit que deux filles c’était, selon une étude sociologique, le cadre familial idéal, celui où les gens étaient le plus heureux … Je me suis accrochée à des anecdotes comme celle-là et à ma raison, à nos raisons. J’ai aussi envie de retrouver une certaine forme d’indépendance avec le temps, de davantage penser à moi une fois que Petite R aura un peu grandi et de me lancer dans des projets professionnels que j’ai en tête. Par ailleurs, je me sens la plupart du temps fatiguée, depuis peu j’arrive à mettre cette fatigue de côté pour bien m’occuper de mes filles, mais il y a encore un mois de cela, je n’ai pas su bien m’occuper de Minicap, selon moi. Je me demande alors si j’arriverais à gérer les choses avec un troisième enfant. De plus, nous ne roulons pas sur l’or, et même en mettant de côté la question du logement qui poserait problème en cas d’agrandissement de la famille, nous serions obligés de faire certains sacrifices financiers. 

Parfois, je me dis aussi qu’elle sera merveilleuse cette vie à 4, simple car nous serons forcément plutôt disponibles pour deux enfants, tout en pouvant avoir une vraie vie de couple. Nous pourrons voyager dans quelques années, sans trop d’encombres. Avec 3 ans et demi d’écart, Minicap et Petite R pourront partager pas mal de choses ensemble. Je me dis aussi que de n’avoir qu’un frère ou une sœur, rend la relation particulière, le lien est unique et a quelque chose de sacré. Je ne sais même pas ce que l’on ressent lorsque l’on a plusieurs frères ou sœurs, je ne sais pas ce que mes filles manqueraient. Bref, lorsque je me projette dans cette vie, je suis plutôt sereine et heureuse comme je le suis déjà aujourd’hui. 

Seulement voila, je n’arrive pas à m’enlever d’un coin de la tête que non, nous ne serons pas quatre mais cinq, qu’il y aura forcément ce petit dernier, que cette place restera à prendre. Je n’arrive pas à me dire que je ne porterai plus d’enfant, que je ne mettrai plus au monde un bébé, que nous ne vivrons plus cette joie incroyable de rencontrer un nouvel être avec son caractère bien à lui, ses traits de visage uniques et ses mimiques à lui. Je n’arrive pas à me dire que ça y est notre famille est au complet, que je ne verrai pas trois enfants se chamailler et s’aimer. Ce n’est pas raisonnable, ce n’est pas forcément le mieux à envisager mais c’est là quelque part dans ma tête et dans mon cœur de maman. 

Je sais qu’à peu de chose près, Barbe de 4 jours ressent les choses de la même façon (même si lui s’arrêterait plus facilement à deux que moi !). Alors, aujourd’hui, on se dit qu’on laissera faire le temps. Nous sommes jeunes, nous venons d’avoir un bébé … nous verrons ! Je laisse la porte ouverte à tous les possibles , tout en essayant de savourer le présent …
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2 réponses »

  1. Bonjour, j’ai lu avec attention ton papier et je te conseil de vous reproduire encore une fois juste une 🙂 dans les plus bref délais comme ça vous vous mettez devant le fait accomplis et du moment où vous êtes encore jeunes vous pourriez désormais vous occuper des enfants alors que prendre quelques années de plus vous ferons repenser à deux fois
    Foncez, les enfants sont un don de dieu

  2. Bonjour,
    Je me suis posée la même question il y a 1 an et demi… Après deux garçons qui ont deux et demi d’ écart nous étions bien occupes mais venant tous les deux d’une famille de trois enfants l’idée du petit troisieme nous travaillait… Autant pour le deuxième, nous n’avons pas hésite une seconde autant pour ce troisième nous avons longuement pesé le pour et le contre et puis… Notre troisième petit loup est né il y a 6 mois et c un grand bonheur!!! Et moi qui me projetait toujours dans le futur, je savoure maintenant chaque instant passé avec mes trois fils, ça passe tellement vite que je voudrais pouvoir parfois arrêter le temps!!!
    Bravo pour votre blog, j’adore vos articles!

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