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Mon bonheur sur pattes

Minicap a toujours pris beaucoup de place. Par bonheur la plupart du temps, avec ses yeux rieurs, ses éclats de rire étincelants et son naturel enjoué. Parfois un peu plus durement pour nous ses parents, avec ses larmes, ses cris et ses énervements extrêmement sonores. C’est que Minicap ne fait jamais dans la demi-mesure. Mais c’est aussi pour cela qu’elle est certainement tant aimée. Cette petite fille a été un bébé solaire, aimant et elle l’est restée avec le temps. Elle aime les autres, elle aime la vie et cela se voit. Il y a deux ans je l’appelais mon bonheur sur pattes, ce n’est pas par hasard.

Il est vrai que je l’ai un peu oublié ce surnom, ces derniers mois. Avec ma grossesse et surtout la naissance de Petite R, Minicap a perdu un peu de son éclat et le bonheur s’est fait moins tonitruant. Le mois dernier, je me suis sentie tout particulièrement démunie, je ne reconnaissais plus ma fille. J’avais de la peine pour elle, aussi. J’ai culpabilisé très certainement. Minicap et moi avons toujours été très proches, j’ai toujours eu l’impression de la comprendre et de trouver des remèdes à ses états d’âme. Or lors des crises de ces derniers mois, j’ai ressenti pour la première fois de réels sentiments ambigus. Minicap m’énervait. Je l’ai trouvée trop exigeante, peu coopérante, trop compliquée. Pourtant, au fond de moi, je savais que c’était à moi de faire quelque chose, d’où notre petite visite chez une psy. Puis dernièrement, les crises se sont amoindries. 

Peut-être que Minicap s’est sentie écoutée, je pense également que le début de complicité entre sa sœur et elle, lui a fait beaucoup de bien. Enfin, la puce a trouvé un équilibre à l’école et mine de rien cela était plus que nécessaire pour son bien-être. Le seul rempart encore présent entre ma fille et moi était une certaine forme d’insolence ou tout du moins un refus systématique d’obéir qui nous a bien épuisé Barbe de 4 jours et moi ces dernières semaines. Il y a peu, j’ai eu un déclic, comme un refus clair et net de continuer dans cette voie. La situation ne me convenait pas, cela faisait des semaines, des mois que je rongeais mon frein mais là je le savais, les choses devaient changer. 

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J’ai écrit noir sur blanc ce qui me posait le plus de problème dans le comportement de Minicap, dans notre vie au quotidien. En tête, est arrivé le fait que Minicap réveillait exprès sa sœur. En effet, dès que Petite R s’endormait, Minicap venait la réveiller ou faisait du bruit pour l’empêcher de dormir. Ça me rendait totalement dingue ! Et cela a généré énormément de conflits à la maison. Ensuite, j’ai noté que je n’aimais pas la façon dont Minicap nous répondait parfois. Elle n’a jamais dit de mots choquants mais a parfois employé un ton qui a pu me blesser ou m’énerver. J’ai continué ainsi et j’ai établi 5 règles de la maison que j’ai écrites sur un panneau dans la chambre de Minicap. A côté, j’ai noté les conséquences en cas de manquement avec des photographies pour illustrer. J’ai fait cela, à contre cœur car je suis peu favorable aux punitions et jusqu’à la naissance de Petite R, nous n’avions jamais eu besoin de menacer ou de punir Minicap. Mais je savais qu’en établissant ces règles, il me fallait un poids supplémentaire pour appuyer mes propos et j’ai donc préféré présenter des conséquences aux actes, sans les appeler spécifiquement punitions. Malgré tout, j’ai tenu à chercher des conséquences non humiliantes ou dégradantes et elles sont en rapport avec la règle quand cela est possible. Pour terminer, j’ai ajouter un panneau avec les droits de Minicap : celui de dire qu’elle est triste ou en colère et celui de demander de l’aide. Evidemment, le mieux est d’établir ces règles et les conséquences avec l’enfant mais je ne sentais pas Minicap prête pour cela.

Le soir venu, j’ai présenté le panneau à la belle, je l’ai lu et je lui ai expliqué fermement de quoi je voulais parler à chaque fois. Minicap n’a pas bronché, elle m’a dit oui et a gardé le silence un temps. J’ai conclu en lui disant qu’elle était une petite fille, plus un bébé mais pas une adulte et que les règles étaient décidées par ses parents. En effet, ces derniers temps, Minicap s’amusait beaucoup à dire qu’elle était adulte et faisait dans la provocation. Or depuis cette petite mise au point, les choses vont beaucoup mieux à la maison. Certes Minicap jouit toujours d’une certaine liberté de parole à la maison (nous ne sommes pas ultra à cheval sur l’étiquette avec Barbe de 4 jours), elle reste toujours un peu coquine et parfois chouineuse mais elle est redevenue respectueuse, agréable à vivre et la colère qu’elle éprouvait semble nettement s’estomper. Depuis une semaine, j’ai droit à d’énormes câlins, à des « je t’aime maman » en veux-tu en voila et Minicap est redevenue joyeuse.

Son retour d’école mardi soir, illustre si bien cela. Je l’ai récupérée dans la cour de l’école, elle m’a fait un câlin, le sourire jusqu’aux oreilles puis elle n’a fait que parler pendant tout le trajet. Elle m’a parlée de son rôle de chef de rang, des bêtises des copains, de la chanson apprise, des jeux dans la cour, de la pâte à sel, le tout ponctué par des petits sprints sur le trottoir avant de reprendre ma main. Le lendemain, la maîtresse a expliqué à Barbe de 4 jours qu’elle était contente car Minicap semblait beaucoup plus épanouie.

J’en viens à penser que le problème résidait beaucoup dans la question de la place. Quelle place a Minicap vis à vis de sa sœur, au sein de la famille, à l’école ? J’ai l’impression qu’elle s’est demandée pendant des mois comment prendre une place d’enfant alors que peut-être, elle se sentait encore un peu le bébé de sa maman. J’ai le sentiment qu’elle a éprouvé une immense colère à mon égard, et c’est certainement cette colère qui m’a agacée tout ce temps. Les naissances provoquent tant de chamboulements, la question de la place est si essentielle. Je suis heureuse de voir qu’aujourd’hui, tout semble s’installer, finalement. Biensur, il y aura des secousses mais en regardant ma Minicap, je reconnais mon bonheur sur pattes de toujours et je sais alors que tout va bien se passer.

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3 réponses »

  1. Tous ça c’est normal, Minicap a senti de la concurrence à la venue de sa petite sœur et la jalousie a pris le dessus, tu a bien de fixer des règles pour lui montrer qui est le patron de la maison
    Je te conseil de lire des livres sur la psychologie de l’enfant par Piaget

    • Oui je pense que c’est bien de rappeler les choses, après je ne parlerais pas de patron, j’essaye justement de ne pas instaurer ce genre de rapports à la maison. Même si effectivement il y a une question de place d’adulte et d’enfant.
      J’ai étudié Piaget à la fac, mais surtout sur le développement cognitif.

  2. Bonjour, contente de ton retour
    Pour le mot « patron » moi aussi j’aime pas cette hiérarchie et surtout à la maison, c’était juste une expression
    J’espère qu’au moment où je t’écrit ces quelques ligne tout est renter dans l’ordre chez toi
    Bien Cordialement

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