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Le passage

Quand on attend un bébé, que ce soit le premier, le deuxième, ou le dernier d’une longue lignée, j’imagine qu’on connait toutes et tous cette sensation de saut dans l’inconnu. Quelle que soit la place de ce bébé, son arrivée signifie un changement de vie comme jamais. Pendant ma première grossesse, une connaissance m’avait dit cette phrase qui m’est restée :  » un homme, un travail, un appartement, ça se quitte. Un enfant, c’est pour la vie. » C’est si vrai, un enfant c’est pour la vie et dans le même temps c’est la seule variante qu’on ne peut pas tester avant de la vivre. C’est l’engagement le plus fou qui existe et pourtant nous sommes bien nombreux à le prendre une fois, deux fois, trois fois … Et à chaque fois, c’est une prise de risque.

Durant mes deux grossesses, j’ai entendu un peu de tout sur le passage et les difficultés pour additionner un nouvel être. J’ai entendu que le plus dur c’était le premier enfant, puis que non c’était le deuxième. Des avis divergents et dépendant de mon interlocuteur. Seul le fait d’avoir un troisième enfant serait, d’un commun accord, le plus facile car la famille est rodée. Dans le même temps, j’ai entendu des parents de trois enfants me dire qu’à partir de ce nombre tout devenait plus compliqué, plus contraignant. De ce brouhaha général, j’ai surtout retenu que cela dépendait complètement de paramètres éminemment compliqués. 

Personnellement, c’est la naissance de mon premier enfant qui s’est révélée être un véritable ouragan. Cela m’est tombé dessus sans prévenir au moment même où j’ai vu le visage de Minicap : un océan d’amour et des sensations totalement extrêmes comme je n’en avais jamais connues. Puis avec le temps, j’ai découvert à travers la maternité mes propres failles : mes inquiétudes exacerbées et la certitude à ce moment là de ma vie que je n’avais aucune confiance en moi et en l’avenir. Etre mère et ne pas avoir confiance en soi, c’est plutôt douloureux et compliqué à vivre. Cette naissance a été un électrochoc, une remise en question. J’ai été obligée de changer. Heureusement, nous étions deux à vivre les choses, quand on est soudées, cela aide, voire change absolument tout. Bien sur, ces secousses sismiques ont été accentuées par le fait que je n’avais pas idée à quel point un bébé demandait une organisation bien rodée et un changement d’emploi du temps certain. Je pensais pouvoir mener ma vie d’avant (notamment professionnellement), or cela s’est vite avéré impossible. 

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Autant vous dire, qu’après avoir vécu un tel bouleversement, après la naissance de mon aînée, j’attendais celle de ma deuxième beaucoup plus sereinement. Tout en ayant en tête que comme la première fois, je ne pouvais pas prévoir quels changements allaient véritablement impliquer la naissance de Petite R. Le fait est que j’ai le sentiment d’avoir plutôt bien vécu ce passage de trois à quatre. Barbe de 4 jours aussi semble-t-il. Bien sur, je ne dirai pas que tout est rose, loin de là et bien sur nous devons ajuster beaucoup de choses mais finalement l’arrivée de ce deuxième enfant ne s’est pas faite dans le chaos.

Il faut apprendre à partager son temps entre deux enfants, Cela demande de s’organiser, notamment en jouant encore plus les co-équipiers avec son homme. Souvent, le soir, au moment du rush, chacun a des tâches bien définies, on s’attribue des rôles : « Tu t’occupes du coucher de Minicap ou du bébé ? » L’un fait la vaisselle, l’autre donne des directives à la grande en portant le bébé qui chouine. Et quand on se retrouve seul(e) à gérer les enfants, certains soirs, on y arrive mais en jonglant, en courant, en devenant multi-tâche et contorsionniste. Mais, je vous rassure, on finit toujours par y arriver. Parfois l’histoire est lue un peu vite, au milieu des pleurs de bébé, parfois tout le monde s’énerve et d’autres fois, tout est calme, paisible et chaque enfant a sa part de câlins, de bisous et de je t’aime. Il faut apprendre à laisser derrière soi les moments un peu moins parfaits et enseigner à son aînée à faire de même 

Très peu de choses sont improvisées, avec Barbe de 4 jours nous consultons nos emplois du temps respectifs avant de décider de nos sorties. L’organisation de la maison prend beaucoup de place dans nos discussions. J’imagine que les choses seront encore plus compliquées et denses lorsque j’aurai repris le travail. Cela me fait un peu peur, mais en même temps je vois bien que nous arrivons malgré ce flux permanent de choses à faire, à trouver des petits moments de grâce pour notre couple, mais aussi pour chacun de nos enfants.

Car la vie à quatre cela signifie parfois aussi de faire des choses à deux, à trois et plus seulement au grand complet. La famille devient plus complexe. J’essaye de sortir de temps en temps seule avec Minicap, comme lorsque nous sommes allées au cinéma toutes les deux dimanche dernier. Parfois c’est Barbe de 4 jours qui sort avec elle. Le tout est toujours de trouver un bon équilibre pour contenter tout le monde et c’est vrai que plus une famille s’agrandit et plus le sujet peut devenir délicat. Mais finalement tous ces aspects organisationnels sont gérables, avec parfois un peu de temps et de réajustements. Dans mon cas, j’ai la sensation que d’avoir eu mon premier enfant m’a aidée à anticiper beaucoup plus facilement l’organisation de la vie à quatre. Comme un entrainement, un permis, une licence obtenue. Aujourd’hui, je me sens moins débordée avec deux enfants que lorsque j’ai démarré ma vie de maman avec un seul enfant, donc.

Le plus dur étant toujours cette perte du temps pour soi, inéluctable lorsqu’on devient parent. C’est le plus difficile pour Barbe de 4 jours, comme pour moi. La plupart des choses que je fais pour moi, je les fais le soir quand mes filles sont couchées. C’est ainsi, et c’est parfois difficilement acceptable. A certains moments, j’ai l’impression d’avoir un milliard d’idées ou de projets en tête et je me sens lourdement clouée au sol par manque de temps. Quand je me raisonne, je me dis que c’est quelque chose qu’il faut accepter, que ça ne durera pas toute la vie et que finalement l’essentiel n’est pas nécessairement dans toutes ces petites choses à faire.

Finalement, le plus compliqué dans ce passage aura été de gérer les sentiments de Minicap. D’une part parce que qui dit sentiment, dit grande difficulté à pouvoir agir de façon objective dessus et d’autre part, parce que le changement, même positif, amène forcément avec lui une certaine forme de douleur. Il a fallu que Minicap accepte la nouvelle situation, l’arrivée de sa sœur mais aussi le partage de son temps, de ses parents. Depuis que je ressors un peu plus seule avec Minicap, je me rends compte à quel point avant l’arrivée de ce bébé, Minicap faisait l’objet de 1000 attentions. C’est mathématique, avec un seul enfant, les parents et tout l’entourage sont entièrement présents pour lui. Avec la présence d’un nouveau bébé, les choses changent et l’attention est reportée sur lui. Difficile pour un enfant de 3 ans de comprendre qu’un bébé a davantage besoin de ses parents que lui. J’imagine cependant que lorsque Petite R aura grandi, les choses seront encore différentes. Elle va s’exprimer de façon plus intelligible, elle aura son caractère et Minicap devra composer avec, pour le pire mais aussi pour le meilleur !

Je crois que chaque naissance se vit différemment et finalement la façon dont nous la vivons dépend de trop de paramètres personnels, professionnels, affectifs, psychologiques pour pouvoir lancer des pronostics pendant la grossesse. Ce n’est pas, selon moi, une raison pour avoir peur de se lancer. Car au final, rares sont ceux qui n’y arrivent pas et l’amour, la bienveillance sont des moteurs incroyables, au sein d’une famille. Il faut juste penser à investir dans des agendas et post-it, le tout en s’armant de patience.

 

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