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Les pleurs, un « mal » nécessaire

Aujourd’hui, je souhaiterais vous parler d’un article découvert, grâce à Working mum (sur sa page facebook). Il s’agit d’un article intitulé Pourquoi les bébés pleurent ? de Delphine Chayet et publié sur le figaro.fr.

On y parle des pleurs des bébé, qui, on n’en doute pas, posent de nombreux problèmes aux jeunes parents. Je me souviens, pour ma part, avoir pleuré de concert avec ma fille, tant ses cris réveillaient en moi des émotions enfouies. Du moins, j’imagine qu’il ne s’agissait que d’émotions enfouies, à moins que ce ne fut une réaction biologique. Quand je ne pleurais pas avec elle, une fois sur deux les cris de minicap engendrait une montée de lait … la nature est bien faite ! Quoiqu’il en soit, nous avons eu de beaux moments d’incertitudes, de doutes, et de ras le bol généralisés.  Cela ne m’étonne donc guère de lire que les pleurs constituent un des premiers motifs de consultation pédiatrique, les premiers mois.

Pourtant, selon cet article « Moins de 5 % de leurs cris ont pour origine une vraie pathologie. La principale fonction des pleurs pourrait être de créer des liens d’attachement entre la mère et l’enfant. » Seulement 5% ! Et les médecins, en partie désemparés, expliquent souvent ces pleurs par deux pathologies « stars » pour les nourrissons, à savoir le reflux gastro-oesophagien et les coliques.

Stéphane Clerget, pédopsychiatre, explique pourtant que les pleurs permettent aux bébés d’exprimer le malaise qu’il ressent lorsqu’il est seul. En effet, le petit mammifère a du mal à supporter la solitude. N’oublions pas que le bébé a passé neuf mois dans le ventre de sa mère, à sa naissance le désarroi est tel qu’il ne lui reste que les pleurs.

Cette vision des pleurs n’a pas toujours été de mise puisque dans les années 90,  « le pédiatre américain Richard Ferber a remis au goût du jour cette méthode «dure» visant à résoudre les problèmes de sommeil du bébé de plus de 4 mois en le laissant pleurer dans son lit sans le prendre, mais en revenant régulièrement le réconforter. Le succès de ses livres illustre le désarroi des parents face au mal-être exprimé par leur bébé. »
Méthode remise en cause par plusieurs pédiatres qui estiment que les pleurs jouent un rôle dans le lien et l’attachement entre le bébé et ses parents.

Une étude a été menée, en Nouvelle-Zélande. Pendant 5 jours, des mesures de cortisol (l’hormone du stress) ont été effectuées sur les mères et leurs petits. Pendant ces 5 jours, les bébés devaient s’endormir seuls, leur mère pouvant les entendre mais ne pouvant pas se déplacer. Les premiers jours, les bébés ont pleuré 20 minutes, au moins. Les taux de cortisol étaient élevés chez la mère comme chez le bébé. Au bout de 3 jours, les bébés ont cessé de pleurer.

Mais c’est là que l’étude devient intéressante ! Si le taux de cortisol des mères a chuté, au bout du 3ème jour, celui des bébés n’a pas évolué ! Cela signifierait que si les bébés ne pleurent plus ce n’est pas parce qu’ils se sont apaisés seuls, mais bien parce qu’il n’y a pas eu de réponse adéquate de leur entourage et ont donc renoncé.

Ce qui m’interpelle, outre la certitude qu’un jeune bébé qui pleure n’arrivera pas à gérer son émotion seul, c’est l’importance que peut jouer cette gestion des pleurs dans la relation parents-bébés. Si la mère éprouve les émotions de son enfant lorsqu’il pleure, allant jusqu’à augmenter sa production de cortisol, de concert avec lui, que penser lorsque la mère (ou le père) a faussement l’impression que son bébé est apaisé, alors qu’il n’en est rien et que, de surcroit, les moyens de communication sont coupés ? Bien que rien ne soit irrémédiable (évidemment !), je trouve dommage de commencer la communication avec son bébé, sur un malentendu.

Quoiqu’il en soit, la question est complexe. Les pleurs de bébé sont de toute façon toujours difficiles à interpréter et très usants pour les nerfs. A chacun de trouver son équilibre, comme toujours. Il est, toutefois utile de lire le dernier paragraphe de l’article :

« Plus globalement, le Dr Gisèle Gremmo-Feger observe que «les pratiques de maternage qui préconisent de mettre l’enfant à distance et de ne pas réagir trop vite à ses pleurs peuvent au contraire les favoriser et augmenter considérablement leur durée». »

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